L’esprit de la maison.

Depuis quelques temps, on vit dans une maison. Une vieille maison. Rénovée pour la première fois en 1742. Au deuxième étage, il y a une chambre. Un palier. Et des WC.

La nuit, j’ai souvent envie de pisser. Alors, je me lève. Afin de ne pas réveiller ma dame avec la lumière du palier, je ne l’allume pas. Je dois rapidement franchir environ un mètre cinquante de distance avant d’atteindre les chiottes. « Rapidement », car, durant ce court moment, je ressens quelque d’extrêmement violent et de désagréable. Comme si une présence invisible me hurlait dessus. Jusqu’à ce que j’allume la lumière des chiottes.

Une autre nuit, je me suis réveillé à nouveau avec cette putain d’envie de pisser. Et, en ouvrant les yeux, j’aperçois à travers la porte entrouverte, une lumière aussi puissante que blanche. Mais j’ai vite souhaité rationaliser. En effet, ce n’étaient que des guirlandes, posées sur le radiateur, qui illuminaient le palier. Le palier était devenu moins menaçant.

Le matin, je ne manquais pas de remercier ma dame pour avoir fait ça. Par contre, m’étant levé avant elle, je lui ai demandé si elle avait touché aux guirlandes peu après ma pipiterie, car, le matin, les lumières étaient éteintes. Elle me répondit que non. Après un léger silence, la vie reprit alors son cours. Normalement. Dans un déni absolu.

Fin.